Finances communales : comprendre l’essentiel
Introduction
Nous voulons que chacun puisse comprendre comment fonctionne la commune. Trop souvent, les finances sont présentées sans explications, comme si les habitants n’avaient pas à connaître ce qui conditionne pourtant les décisions publiques. Nous faisons le choix inverse : expliquer clairement les contraintes, les marges et les choix possibles. C’est la base de la transparence et de l’écoute citoyenne que nous voulons instaurer.
Le vrai indicateur : ce qu’il reste réellement pour agir
Ce qui a été présenté aux vœux
Lors des vœux du maire, le compte administratif a été présenté de manière très synthétique. Sans détails, il ne permet pas de comprendre la réalité financière de la commune.
Ce qui compte vraiment, ce ne sont pas les chiffres bruts, mais la capacité d’autofinancement, aussi appelée « reste à vivre ». C’est cet indicateur qui permet d’être transparent.
Le « bas de laine » : un chiffre trompeur
Un « bas de laine » de 1,5 M€ a été évoqué, mis en regard de 1,5 M€ de crédits. Présenté ainsi, cela peut donner l’impression que les finances sont confortables.
En réalité : 1,5 M€ de trésorerie – 1,5 M€ de crédits = 0.
Cette trésorerie n’est pas une réserve d’investissement. Elle sert à avancer les dépenses avant l’arrivée des subventions, à préfinancer la TVA et à absorber les décalages de trésorerie. C’est un tampon, pas un trésor.
Le « reste à vivre » : la seule donnée qui compte
Une fois toutes les dépenses courantes payées salaires, énergie, services essentiels, emprunts il reste entre 200 000 et 300 000 € par an.
C’est cela, le véritable reste à vivre de la commune. Ce n’est pas un jugement, mais un fait comptable.
Pour bien comprendre :
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le fonctionnement regroupe les dépenses courantes, rarement subventionnées ;
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l’investissement concerne les projets ponctuels, parfois subventionnés, mais jamais automatiquement.
Ce que cela implique pour Nonancourt
Les 200 000 à 300 000 € restants ne sont pas un montant stable. Les charges augmentent (énergie, assurances, inflation, obligations réglementaires) et les dotations de l’État n’augmentent plus.
Dans le même temps, Nonancourt a besoin de rénover ses rues, ses bâtiments et ses espaces publics.
Les subventions peuvent financer une partie des projets, mais :
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les taux varient fortement selon les dispositifs,
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certaines aides peuvent monter à 60–80 % mais ce sont des cas favorables, jamais garantis,
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la commune doit toujours financer une part minimale, souvent autour de 20–40 %.
Cela signifie que la capacité d’investissement de la commune dépend entièrement du niveau de subventions obtenues. Selon les projets et les dispositifs, un même reste à vivre peut permettre de financer un petit chantier… ou un projet plus important si les aides sont élevées.
Il n’existe donc pas de montant d’investissement “automatique” par an. Tout dépend :
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des priorités retenues,
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des appels à projets disponibles,
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du calendrier des dispositifs,
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de la qualité des dossiers déposés.
Et pour monter ces dossiers, il faut du personnel, donc du fonctionnement. Chaque euro de fonctionnement en plus réduit la capacité d’investir.
Chaque euro compte : optimiser avant de dépenser
Le budget de la commune comporte des services indispensables, mais certains représentent des montants importants. Et soyons honnêtes : en travaillant ce dossier en profondeur, nous découvrirons sans doute d’autres points à rééquilibrer. Les exemples ci‑dessous ne sont qu’un début.
L’école de musique : le budget a été doublé par la municipalité actuelle, environ 290 000 € sur le mandat, pour 90 élèves dont 15 à 20 Nonancourtois. Il faudra donc rééquilibrer pour que ce budget reste supportable et équitable.
La bibliothèque : elle fonctionne déjà, mais pourrait accueillir un pôle numérique ou un espace d’accompagnement, sans créer une nouvelle structure ni alourdir le fonctionnement.
Le centre aéré du Haut Venay : les sommes annoncées pour son fonctionnement semblent élevées au regard du service rendu (30 enfants nonancourtois). L’enjeu est de rendre ce service accessible à davantage de familles pour le même budget.
Construire des marges : les Ressources & Leviers
Optimiser le fonctionnement ne suffit pas. Pour construire des marges, il faut activer tous les leviers possibles : subventions, partenariats, mutualisations, ingénierie publique, mécénat.
Il faut aussi savoir être inventif : créer de nouvelles ressources, développer des opportunités, imaginer des solutions adaptées à une petite commune comme la nôtre.
C’est tout l’objet de notre approche « Ressources & Leviers », qui détaille comment une commune comme Nonancourt peut aller chercher davantage de moyens sans augmenter les impôts.
Une gestion rigoureuse permet ensuite de financer des projets utiles : auditer et rénover le patrimoine, améliorer le cadre de vie, développer l’offre de logements ou d’activités. Mais chaque projet doit être conçu de manière à garantir, au minimum, une opération équilibrée.
Notre méthode
Nous nous engageons à toujours présenter :
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les comptes réels,
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la capacité d’autofinancement,
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les priorités expliquées,
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des réponses simples et chiffrées.
Gouverner sérieusement, c’est rendre les choses compréhensibles.